Édito

Du web vernaculaire et du folklore digital

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Il est commun de voir interroger notre passé par les historiens et les chercheurs.
Toutes les périodes de l’histoire et les territoires concernés sont ainsi envisagées scientifiquement et intellectuellement. Plus l’histoire étudiée est proche plus son contenu nous est familier, plus elle est éloignée plus son contenu est empreint de cet intéressant ennui scolaire. Dans le second cas, nous survolons les informations, dans le premier, nous nous sentons concernés : c’est la nostalgie de la proximité.
En résumé l’art rupestre est une information, nous l’appréhendons comme une donnée historique et sociologique d’une époque et non dans une appréciation esthétique. Plus près de nous, le tableau de Géricault Le radeau de la méduse a un double statut, celui d’oeuvre d’art à part entière et celui de témoignage d’un épisode tragique de la marine française. Qu’en sera-t-il dans quelques siècles ?
Géricault, artiste ou journaliste de son temps ?
Qu’en est-il, maintenant ou il y a quelques décennies ? Peut-on assimiler rapidement le tag et le graffiti à une donnée sociologique de notre époque ou est-ce de l’art ? Peut-on trop définitivement dire que le gif animé ou les premières pages criardes d’Internet font partie de l’histoire d’Internet et ceci sans considération artistique et intellectuelle ? Ou bien jouons-nous insoucieusement la carte de la proximité ? La nostalgie est là, nous avons connus ces premiers pas d’Internet, nous les avons transmis et le recul nécessaire à effacer le spleen ressenti n’est pas encore d’actualité.
Les cultures liées à Internet, spécifiques à une communauté ou élargies à un ensemble, ont tissé et continuent de tisser l’histoire de la civilisation numérique. Nous sommes en train de la vivre.
Empreintes numériques, cette année encore, déroule cette histoire entre nostalgie, art et information. L’installation Dance party in Irak de Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin montre-t-elle l’histoire ou une histoire, celles des images archivées de façon aléatoire sur internet. Les objets étalon de David Guez sont-ils des sculptures sur l’unité de stockage informatique ou sont-ils des objets archéologiques en devenir ? La réponse n’est pas immédiate, elle s’inscrira inconsciemment dans la mémoire collective, bien après l’effacement de nos nostalgies. En attendant, il suffit de nous en imprégner de manière festive.

Olivier Belhomme
commissaire des rencontres

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